Gabriel Bacquier: un géant s'éteint

Sa mort, le 13 mai dernier, est passée presque inaperçue. Bien sûr, certains médias ont relayé la nouvelle, mais le parcours et la personnalité d'un des plus grands barytons de la deuxième moitié du XXème siècle méritent beaucoup mieux que cela. Ami de mon grand-oncle, la basse Gérard Serkoyan, Gabriel Bacquier a donné à ses rôles une densité et une intensité dramatiques exceptionnelles, servies par une voix qui s'est révélée au grand public lors du Festival d'Aix-en-Provence de 1960.


Gabriel Bacquier en Masterclass. ©Maxppp / F. Charmeux

Entré au Conservatoire de Paris en 1945, alors dirigé par le compositeur Claude Delvincourt, Gabriel Bacquier enchaine les cabarets et les salles de cinéma, avant d'intégrer la Monnaie de Bruxelles en 1953 et plus tard, la troupe de l'Opéra Comique en 1956. Il est repéré par Gabriel Dussurget, alors directeur de l'Opéra de Paris. Celui-ci lui propose deux rôles qui vont rester gravés dans son répertoire, celui de Scarpia dans Tosca de Puccini, et celui de Don Giovanni, qui l'a révélé au public grâce à sa prestation au Festival d'Aix en Provence de 1960, retransmise en Eurovision.

Il chantera pendant plus de 30 ans dans les plus grandes salles du monde, Metropolitan Opéra de New-York, Covent Garden, Carnegie hall, Opéra de Paris, Opéra de Vienne. A côté des œuvres du répertoire lyrique, il sera le remarquable interprète de mélodies françaises, telles celles de Fauré ou de Duparc. Il met fin à sa carrière en 1994 à l'Opéra Comique de Paris.

Professeur depuis 2001 au Conservatoire de Paris et à l'Académie de Monaco, passionné par la transmission, Gabriel Bacquier continuait d'animer à plus de 90 ans des masterclass de chant.

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