Jean-Pierre d'Azur

Fils de Pieds Noirs installés au Cannet, sa jeunesse est Cannoise. Il fréquente le Lycée Carnot et plus tard, s'inscrit à la Fac de Nice avant de "monter" à Paris. De famille modeste (son père était facteur et sa mère cousette), Jean-Pierre Bacri a promené sa bobine de pince-sans-rire tourmenté, un brin cynique et tendance gauche lucide sur les pavés d'un cinéma qui lui a donné des rôles d'anthologie, à l'image de "Cuisine et dépendances", "Comme une image" ou encore le "Sens de la Fête". On va le regretter, on le regrette déjà.

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Cher Jean-Pierre, tu n'avais pas le droit de partir aussi tôt. Bon, tu vas me dire avec un poil d'agacement que ces choses-là, on ne les décide pas. Elles vous tombent dessus alors qu'on aurait encore tant à faire, tant à dire et surtout tant à taire. En même temps, quand on a une tronche comme la tienne, qu'on l'ouvre ou qu'on la ferme, ça veut toujours dire quelque chose. Tu faisais si bien la gueule ! Tu étais de ces mecs pour lesquels sourire sur commande relevait de l'exploit, sauf au boulot, naturellement. Mais alors, quand tu souriais, quand on recevait ce cadeau, c'était un truc exceptionnel, un message direct, une chaleur complice. En fait, c'était toi.

Un soir d'été, je dînais près du Panthéon, à Paris, à la terrasse d'un petit restaurant. À la table d'à côté, il y avait Agnès Jaoui. Je me souviens m'être dit à ce moment-là qu'elle avait du bol de te connaître vraiment.

Je suis sûr que tu vas bien les faire marrer là-haut. Ciao l'artiste...

Fabrice

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