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Les impressionnistes et l'amour...

Les impressionnistes et l'amour est la plus récente de mes conférences que j'ai eu le plaisir de livrer pour la première fois à la Société des Amis du Musée de l'Annonciade à Saint-Tropez en février dernier.

Au XIXème siècle, l'amour c'est du sérieux, surtout après les comportements frivoles du siècle précédent. À cette époque d'exaltation des sentiments, on ne plaisante plus avec l'amour, on le transcende, et cela se poursuit jusqu'au mariage, considéré comme le Saint Graal de l'amour romantique.

Cet amour aspire à une fusion totale, unifiant les individus dans la vie comme dans la mort - une réalité malheureusement trop fréquente. Les malheureux héros du XIXème siècle décèdent souvent jeunes, frappés par le destin, la tuberculose, la pauvreté ou le désespoir. Certains se précipitent dans les eaux claires telles qu'Ophélie, tandis que d'autres périssent devant leurs bien-aimés.

John Everett Millais. Ophélie. 1852. Tate Britain
John Everett Millais. Ophélie. 1852. Tate Britain

En parallèle, une coexistence étonnante se dessine entre les attitudes angéliques du romantisme et les pratiques masculines qui se manifestent par les exploits de bordel. C'est l'époque des oies blanches et des maisons de plaisir ! La sexualité est vécue et exprimée de manière différente selon que l'on soit homme ou femme.

Edgar Degas. Femmes à la terrasse d’un café. 1877. Musée d’Orsay
Edgar Degas. Femmes à la terrasse d’un café. 1877. Musée d’Orsay

À partir de 1860, un basculement s'amorce. Le code romantique commence à se fissurer et le sentiment amoureux évolue. Les femmes bénéficient d'une plus grande mobilité. L'urbanisation croissante et l'éclairage au gaz modifient les comportements, intensifiant la vie nocturne avec les bals, les spectacles et l'opérette. Une pratique inédite émerge alors entre jeunes gens : le flirt. Celui-ci emprunte des éléments du code ancien tout en conciliant la virginité, la pudeur et le désir... Une nouvelle ère se profile.

Jean Béraud. Une Soirée. 1878. Musée d’Orsay
Jean Béraud. Une Soirée. 1878. Musée d’Orsay

Dans ce contexte nouveau et évolutif, propice aux rencontres et au développement des relations, on pourrait penser que les artistes-peintres, témoins des mœurs de leur époque, auraient représenté sur leurs toiles les gestes d'affection, les baisers et les caresses des couples amoureux qui assument leur plaisir. Pourtant, à quelques exceptions près, la passion amoureuse n'est que rarement peinte. On représente plutôt les situations qui la favorisent, capturant ce qui transpire à travers la pudeur des regards et la maladresse des gestes retenus...


La suite est à découvrir dans la conférence "Les impressionnistes et l'amour"


Dans ses conférences d'histoire de l'art, Fabrice Roy conjugue le passé au présent, dans une évocation poétique et ludique du 19ème siècle français...




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