Lucia di Lammermoor à Monte-Carlo

Écrit en six semaines au printemps 1835 pour le théâtre San Carlo de Naples par un Donizetti au mieux de sa forme, Lucia de Lammermoor nous entraîne au cœur de l'imaginaire romantique. Dans les décors crépusculaires et somptueux d'une Ecosse de légende, l'Opera de Monte-Carlo nous en a proposé ce vendredi soir une version de très belle facture.

Des vagues écumantes viennent se fracasser contre les rochers gris d'une côte infernale: le décor de Rudy Sabounghi ne laisse aucun doute sur l'issue du drame tissé par le livret du jeune Salvatore Cammarano, inspiré du roman de Walter Scott "The Bride of Lammermoor". L'orchestre de l'Opéra de Monte-Carlo sous la direction de Roberto Abbado restitue à merveille la densité prenante d'une œuvre que Donizetti inscrit dans une ligne de chefs-d'œuvre, débutée cinq ans plus tôt par le succès d'Ann Boleyn, préfigurant l'irruption de la folie chez des héroïnes promises à de sombres destinées.

Le premier décor du premier acte

La mise en scène efficace de Jean-Louis Grinda donnait un bel espace aux solistes et aux choristes, plutôt bien traités par le soin porté aux costumes conçus par Jorge Jara. Les lumières de Laurent Castaing venaient souligner les décors comme des effets de lumière sur tons pastels. Cela procurait une réalité quasi picturale au spectacle, pour le régal des yeux autant que des oreilles.

Crépuscule, pastel, jeux de lumière et utilisation mesurée de la vidéo

Et puisqu'on en parle, une superbe qualité vocale a survolé les trois actes, servis par des solistes habités par leur rôle et plus de quarante choristes efficacement dirigés par Stefano Visconti.

Olga Peretyatko incarnait une Lucia très convaincante, passant de la lumière aux ténèbres avec la fragile assurance de celle qu'un amour impossible précipite dans la mort.

Artur Rucinski, baryton à la voix chaude et ample, campait un Lord Ashton déchiré entre haine et remords.

Ismael Jordi, ténor à la voix puissante et profonde dans ses nuances, se fondait dans la personnalité lumineuse et parfois naïve d'un Edgardo amoureux et bafoué.

Nicola Ulivieri donnait une franche noblesse à son rôle de précepteur et de confident.

Enrico Casari, qui remplaçait au pied levé Diego Silva dans le rôle d'Arturo a assuré une belle prestation en dépit d'une légère nervosité sur les premières mesures.

Valentine Lemercier dans le rôle d'Alisa et Maurizio Pace dans celui de Normanno, venaient compléter une distribution de fort bonne facture qui a conquis un public nombreux et ravi de sa soirée.

Le salut final. De gauche à droite, Nicola Ulivieri, Valentine Lemercier, Ismael Jordi, Olga Peretyatko, Artur Ruciński, Enrico Casari, Maurizio Pace.

Lucia di Lammermoor

Musique de Gaetano Donizetti

Livret de Salvatore Cammarano d'après le roman éponyme de Walter Scott

Création le 26 septembre 1835 au théâtre di San Carlo de Naples

Création à l'Opéra de Monte-Carlo le 12 février 1881

Chœur de l'Opéra de Monte-Carlo

Orchestre Philharmonique de Monte-Carlo


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