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Monsieur Victor

L'impressionnisme n'a peut-être jamais eu de plus fidèle et de plus ardent propagandiste que Victor Chocquet (1821-1891). Rédacteur principal à la Direction des Douanes, issu d'une famille aisée qui a fait fortune dans les filatures du Nord, il a consacré la plus grande partie de ses ressources à acquérir des tableaux, des faïences et des porcelaines. Il possède déjà un nombre impressionnant d'œuvres de Delacroix et de Courbet lorsqu'il se rend le 24 mars 1875 à la vente de toiles impressionnistes à l'hôtel Drouot. C'est le coup de foudre !

Paul Cézanne. Victor Chocquet. 1878. Columbus Museum of Art. Ohio
Paul Cézanne. Victor Chocquet (Détail). 1878. Columbus Museum of Art. Ohio

Dès le lendemain, Victor Chocquet se rend chez Renoir et le prie de faire le portrait de sa femme Augustine Marie-Caroline.

Auguste Renoir. Madame Choquet. 1875. Staatsgalerie Stuttgart.
Auguste Renoir. Madame Choquet. 1875. Staatsgalerie Stuttgart.

C'est le début d'une indéfectible amitié qui va lier l'employé des douanes collectionneur et les peintres impressionnistes. en particulier Auguste Renoir et Paul Cézanne, dont Victor découvre les toiles chez le Père Tanguy.

Il sera présent aux expositions de 1876 et 1877 auxquelles il prête plusieurs tableaux ( 6 Renoir, un Pissarro et un Monet à celle de 1876). Il campe littéralement devant les œuvres de ses amis, et tente de les défendre face au déluge d'injures et de quolibets déversé par certains visiteurs.

Victor Chocquet possédait plusieurs dizaines de tableaux de ses amis impressionnistes: un Sisley, un Pissarro, trois Morisot, dix Renoir, dix Monet et trente et un Cézanne ! Ce dernier lui était particulièrement proche. Il lui écrit en 1886: " J'aurais désiré avoir cet équilibre intellectuel qui vous caractérise et vous permet d'atteindre sûrement le but proposé... le hasard ne m'a pas doté d'une semblable assiette et c'est le seul regret que j'ai des choses de la terre"

Après quelques difficultés financières qui ne l'ont pas empêché de continuer d'acquérir les œuvres qu'il appréciait tant, Victor fait un bel héritage à la mort de sa belle-mère en 1882. Les Chocquet reçoivent dans leur propriété normande, à Hattenville, ou dans leur appartement parisien de la rue de Rivoli, surplombant les Tuileries.

La collection de Victor Chocquet est dispersée à la mort de son épouse en 1899. Une grande partie de ces tableaux se trouvent aujourd'hui dans les musées américains.


Dans ses conférences d'histoire de l'art, Fabrice Roy conjugue le passé au présent, dans une évocation poétique et ludique du 19ème siècle français...



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