Quand les mots ont un sens...

On le savait déjà, les titres des articles doivent être accrocheurs, donner envie de lire la suite... Et tant qu'on y est, un brin anxiogènes, pour bien faire monter cette tension sociale dont on sait qu'elle ne demande qu'à percer le couvercle de la marmite ! France Info, par ailleurs média de qualité, n'échappe pas à cette pseudo-loi qui consiste à pointer les dysfonctionnements plutôt que les trains qui arrivent à l'heure, et, tant qu'on y est, faire croire que les incohérences sont la règle et la vertu l'exception. A preuve cet article de Monsieur Brice Le Borgne, paru ce matin, par ailleurs très documenté.

L'article en question parle de la part des masques commandés par le secteur public.

Titre: Malgré la production "Made in France", le secteur public s'approvisionne toujours... à l'étranger.

Sous-entendu: les pères la vertu feraient mieux de balayer devant leur porte. Faîtes ce que je dis, ... etc. L'emploi du mot "toujours" n'est pas neutre. Comment hésiter entre l'interprétation " le secteur public s'approvisionne en permanence à l'étranger" ou "le secteur public continue de s'approvisionner à l'étranger". Ce n'est pas la même chose.

Un peu plus loin, on obtient une précision. Ce n'est plus "toujours", c'est "souvent". Trop tard, le mal est fait. Le titre, bien accrocheur a fait son job.

Encore plus bas dans l'article, on s'aperçoit en consultant un document (lequel?) du ministère de l'économie, qu'un tiers des appels d'offre du secteur public sont remportés par des entreprises dont les masques viennent de l'étranger.

En d'autres termes, les deux tiers des masques commandés sont fabriqués en France ! Cocorico ? Bien sûr que non ! Notre journaliste préfère prendre la donnée par son côté le plus sombre, même s'il ne concerne que 33% des faits.


Et ce n'est là qu'un exemple... la responsabilité des médias dans l'entretien d'un climat anxiogène et délétère continue d'être posée.