Regarde


Regarde! la forêt pleure et frissonne

Au matin d’automne Le brouillard suspend son voile gelé Sur les champs humides au soleil levant

Comme

La poudre d’une craie blanche Flottant dans l’air orangé.


Le vent retient son souffle devant tant de beauté Givrée. On n’entend que le rire étouffé des enfants Sur le chemin de terre, Sac en bandoulière. Un cheval courbe le col, au loin, dans un pré. Puis c’est la lumière qui déchire l’aube tranquille Et touche les fleurs déclinantes de ses premiers rayons.

Regarde! Tout devient vie, l’herbe se penche A la brise légère qui s’éveille. L’instant devient cristal, On voudrait le saisir avec des doigts d’argent. Puis, tout redevient Comme avant. Demain, nous nous lèverons plus tôt encore Pour être là, au tout début, Tout simplement.


Fabrice Roy

(c) Musefabe 2010